Les couches lavables : une histoire de flemme

Rien à faire, nous sommes un cliché. C’est un peu déprimant à constater, mais c’est comme ça. Vélo (pire triporteur), alimentation locale et bio, portage pour nos bébés, zéro déchet, allaitement… et en plus couches lavables. Les pires des donneurs de leçon.
Pourtant je peux vous assurer, tout ça n’est qu’une vaste histoire de flemme. Genre parti du moindre effort, poil dans la main, poutre et voisin.

Je vous vois d’ici « c’est bon, la leçon continue, elle me gave celle-là nianiania en plus c’est facile, si tu ne le fais pas c’est que tu es con, elle ne se rend pas compte de la vraie vie »

Si, tout à fait, et je vous promets que tout ça part d’une flemme monumentale. Pour le prouver, partons des dites couches lavables.

Je ne vais pas refaire un énième article sur ses avantages économiques, écologiques, et que ce n’est pas si compliqué, toussa toussa… D’autre l’ont fait bien mieux que moi (par ici par exemple).

La première constatation c’est que je ne suis qu’un esprit faible, qui

1. a craqué devant les petits postérieurs mignons des bébés en couches lavables

mignon

2. déteste : les magasins, les gens dans les magasins, descendre les poubelles et alourdir ma charge mentale avec « est-ce qu’on a assez de couche pour tenir jusqu’à dimanche soir 21 h »

pas mignon

Donc une solution qui me permettait d’augmenter le potentiel pipou en m’évitant de sortir de chez moi pour acheter quoique ce soit dans un magasin ou pour descendre des poubelles me parlait plutôt.

Quelle était (et sera bientôt) notre organisation avec ces engins du diable

Qu’on soit bien d’accord, au début ça ressemble à une secte à la gloire du caca. Te1, Te2, hybride, insert, booster, classique, snappy…

On se détend, c’est très simple en fait.

Le but d’une couche : retenir ce qui va dedans (que personne ne m’oblige à faire un dessin) de façon imperméable. Plus c’est simple pour les parents et confortable pour l’enfant, mieux c’est.

Mon premier conseil est donc : avoir un peu de tous les types de couches pour tous les types de situations (et de morphologie).

À la maison, tranquiloubidou : on avait une culotte de protection imperméable, et dedans une sorte de grosse serviette hygiénique pliée dedans (le fameux insert). Quand celle-ci est mouillée => dans le bac à linge sale, et on peut même réutiliser la culotte. Si c’est plus compliqué (je vais commencer à manquer de vocabulaire pour tourner autour du pot moi) => tout au sale. Cette technique économise les lessives et surtout les temps de séchage. Petit plus : ça ne fait pas un gros cul (et de toute façon moins qu’une couche jetable dont le gel a gonflé comme une montgolfière à la moindre goutte)

En déplacement ou quand quelqu’un d’autre est éventuellement amené à changer la couche de votre héritier : une bonne vieille couche Tout en 1, qui se change comme une jetable, ni vu ni connu (il ne faut juste pas oublier la couche sale dans le sac à langer… non vraiment il ne faut pas).

Pour les marques, le nombre, les matières… tout dépend de vos envies et des circonstances et de votre mode de vie. Nous avons pris le parti d’avoir un peu de tout pour varier.

Et on garde en tête le mantra : une bonne solution c’est une solution facile à utiliser !

Si je veux pousser le vice bobobio-islamo-gôchiste-journalope jusqu’au bout, et les faire moi-même, c’est dur ?

Non pas du tout. Sur ce site (en anglais, oui moi aussi je suis tristesse), vous trouverez les meilleurs patrons que j’ai trouvés, juste à imprimer, avec les tutos. Je double juste avec du PUL au lieu d’autre chose, parce que je ne comprends pas du tout comment c’est étanche sinon o_O

Oui c’est sûr vu comme ça ce n’est pas plus simple du tout de les faire soi-même, mais moi personnellement moi-même j’avais envie d’essayer, et même Tzim s’y est mis, parce que :

MIGNON

Attends mais le principe des couches lavables, c’est que ça se lave non ? Ça fait donc du travail en plus ?! Et donc ça augmente quand même beaucoup la charge mentale et les tâches ménagères, me prend pas pour une buse !

C’est vrai, sur le papier ça fait plus de travail. Mais en fait, c’est un bébé qui fait beaucoup de linge. Une fois que tu as lavé les trois pyjamas/tenues de la journée (de toi et de ton môme), changé tous les draps de la maison, les serviettes qui ont épongé le vomi, les bavoirs, les langes… ce n’est pas les 8 bouts de tissus (au pire) et les 3 culottes qui vont changer quelque chose. Non vraiment je t’assure.

Et surtout comme je le disais, tu ne descends plus les poubelles qu’une fois la semaine, tu ne vas pas faire les courses parce que tu n’as plus de couche (le dimanche soir à 21 h).

Et le féminisme, ça braille à la libération des femmes, mais ça dit que les femmes devraient revenir aux couches lavables. C’est sûr, pendant que tu frottes des langes, t’es pas en train de militer contre le sexisme, c’est pratique pour le patriarcat cette histoire de planète quand même.

En voilà une réflexion sexiste. Oui oui, comme souvent, les féministes de la première heure, pour qui le biberon, les places de crèches, le travail, les couches jetables… étaient de vraies libérations, se roulent aujourd’hui dans les injonctions, ce qui fait qu’elles ne valent pas mieux à mes yeux que des machistes (voilà, comme ça c’est dit).

Avant de continuer, un petit chiffre : le temps passé par les femmes aux tâches ménagères aux États-Unis est le même aujourd’hui que dans les années cinquante ; pour plusieurs raisons (critères d’hygiènes plus important, amélioration de l’habitat…)

Donc celleux qui estime que les couches lavables – entre autre – sont un outil oppressif à l’encontre des femmes oublient un petit détail : les mecs. Ces êtres incroyables sont dotés de deux bras environ, d’un cerveau, ils sont donc capables de lancer des machines, de les étendre et même de repasser du linge. Ils sont aussi capables d’en assumer entièrement la charge mentale. Estimer que c’est impossible, c’est sexiste. Donc messieurs, vous vous prenez par la main, et vous faites (vous non plus vous ne descendrez plus une poubelle par jour et vous ne ferrez plus les courses).

Sans compter que c’est assez empouvoirant de ne pas dépendre d’industries vaguement obscures pour un truc aussi indispensable que des couches.

Le bon plan lessive

Comme le savon de Marseille et les noix de lavage « encrassent » les couches, ce qui les rend imperméables (oui c’est quand même ballot), il vaut mieux utiliser les lessives conseillées sur les différents sites de la secte du caca. Bonne nouvelle, celle de la marque biocoop, qu’on peut recharger en vrac, est bien il me semble.

Mais pourquoi ça nous semble si compliqué au final ?

Comme pour l’allaitement, je dirais que c’est un manque de culture et d’exemplarité. Quand on y pense, il y a plein de truc en puériculture qui sont très compliqués : choisir, installer et pire sangler un enfant dans un siège auto (tmtc) c’est l’horreur. Je suis presque sûre que c’est un châtiment des enfers spéciaux. Penser, doser, trimbaler le matériel pour du lait artificiel : vu de loin c’est une plaie. Se déplacer avec une poussette c’est vraiment très chiant souvent.

Mais on le fait, sans trop se poser de question. Tout le monde le fait, on a vu tout le monde le faire, et c’est facile de trouver des conseils et des explications.

Il y a fort à parier que si les couches lavables étaient plus répandues, on se poserait moins de questions.

pas mignon

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