Fisher McFly dans Back to the Future

Ma situation actuelle d’apprenti baleineau (à l’humeur aussi agréable que Mobydick et Captain Achab réunis) m’a poussée à faire le tri dans mes jouets d’enfant et à commencer à lorgner du côté des jouets en général. Qu’est-ce qui se fait aujourd’hui, à quoi pourrait ressembler la liste au Père Noël dans quelques années, avec quelles peluches et autres Sophie le lit du petit passager clandestin sera rempli dans quelques mois ?…

Daron style

Premier choc, les parents d’aujourd’hui ont nos ages.

Non je n’ai pas fait d’analyse socio-démographique poussée (chacun sait comme j’affectionne les chiffres), ni d’enquête approfondie. Non. Je suis juste tombé sur ça :fisher-price-collector-952-fisher-price-collector Continue reading »

Zombie, licorne et mondialisation

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Ce matin, grasse mat’. Même le téléphone ne me réveille pas. C’est la sonnette et le facteur qui ont eu raison de mon engagement. Un zombie en chemise de nuit lui ouvre la porte, présente sa carte d’identité (témoignant de son passé d’être humain), et se retrouve sur le pas de porte, seule (ce zombie reste une fille), avec un paquet chinois de bonne taille sur les bras.

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Ami, entends-tu le bruit sourd de l’eau sur la scène

Hôtel de ville de Paris, répétition générale pour commémoration du 69e anniversaire de la libération de Paris

Hôtel de ville de Paris, répétition générale pour commémoration du 69e anniversaire de la libération de Paris

Donc on est là, pieds nus, avec ces trombes d’eau glacée qui s’écrasent sur le décor et sur tout ce qu’il restait de secs sur nous. On patauge sur une bâche en plastique glissante, et en regardant nos camarades de baignade, on se dit qu’ils ressemblent à un mix entre des pêcheurs à pied et des capotes géante. Avant de se souvenir qu’on porte le même imperméable.
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Rah, ces souvenirs d’exercice de micro-trot dans la rue Nationale, à Tours, sur les (fucking) travaux du tram…

Alors pour toi, étudiant encore retenu à l’école, journaliste pressé, reporter que tout pousse à hurler « on s’en fooouuut » à ton réd’ chef… Arte Radio a la solution !

Le micro-trottoir universel

« A mon niveau, non »
de Thomas Baumgartner

Qui craint le grand méchant loup…

Photo couverture Histoire du méchant loupsAujourd’hui, je rentrais de chez le kiné (ma sortie favorite du moment), quand je suis tombée dans la vitrine du libraire sur ça cet ouvrage de Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup.

J’ai eu la chance d’avoir ce prof en licence d’histoire, et j’avais adoré le cours sur les loups, la bête du Gévaudan, les petites filles dévorée toutes crues…

En revanche, ce que j’avais BEAUCOUP moins apprécié, c’était le cours d’informatique de M1, où on nous à filé toute les chiffres colléctés par M. Moriceau (je ne suis même pas vraiment sûr qu’on lui ai demandé son avis…), et qu’on a dit « Voilà, vous nous traité toute ses jolies données à l’aide du tableur… Vous nous faites tout : problématique, analyse, conclusion ». Comme ça, à froid, sans qu’il s’agisse DU TOUT de notre sujet d’étude (avouez qu’on est quand même loin de la presse jeunesse des années 60-70). Bref, il a bien fallut s’y mettre, mais j’ai un peu craqué. Aujourd’hui, je me dis que c’est un peu dommage de ne pas livrer mes conclusions sur le sujet. La science historique va sans nul doute s’en trouver à jamais enrichie.

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« Instrument impropre à la musique »

Quand je dis « chez nous », c’est plus compliqué qu’il n’y paraît.

Bien sûr il y a Tzim et moi, qui payons le loyer. Évidement il y a Oldelaf Le Chat, qui est le seul qui habite vraiment ici : lui il ne prend pas le train toutes les semaines direction un peu partout. Mais nous sommes aussi accompagné d’un vaste bestiaire, qui vient compléter les amis de passage.

Le dernier venu c’est le gros Maître Hippolyte, un accordéon diatonique (oui je donne des noms aux objets… et je ne vous présente pas encore ma voiture Simone et la famille Elmo).

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L’accordéon diatonique, quoi qu’est-ce ? Pour le savoir, je partage avec vous cette vidéo de Marc Perrone à la fête de l’Huma.


Marc Perrone raconte ses débuts à l’accordéon… par jolysable

Le vendeur du magasin de musique m’a fait cette réflexion quand j’ai cherché à acheter mon premier diato : « ça existe encore ?! » (oui trouduc, et encore je cherche pas une vielle à roue ou une épinette des Vosges. La musique trad’ ça te dit quelque chose ou tu dormais quand je t’ai apporté des affiches de concert ?).

Quand je pense aux petits jeunes comme eux, ou eux, je me dis que c’est quand même un instrument assez propre à la musique. Qui a encore un bel avenir.

Bref…

Depuis l’année dernière, l’exercice du « Bref » est un classique. L’édito de notre magazine école ne fait pas exception. Celui-ci me plaît beaucoup, et comme il n’a pas été choisi pour introduire Innova, je vous en fais une copie.

Office de Tourisme de Montlouis

La prof nous a dit : « Cette année, Innova, c’est sur les politiques culturelles. » Y a eu un blanc. On s’est regardés. On a cherché des idées. On n’en avait pas. On en a parlé. ça nous a pas aidés. On m’a dit : « La culture dans les petites communes. » J’ai pensé « Gargilesse ». J’y suis allée, y avait personne. J’y suis retournée le lendemain. Y avait une personne. C’était l’employée de l’office de tourisme. Oui, il y a un office de tourisme. Je l’ai interviewée. Elle m’a proposé des timbres. J’en voulais pas. Je suis rentrée. J’ai demandé à ma prof si c’était bon. C’était pas bon. J’y suis retournée. Y avait toujours personne. J’ai appelé le maire. Il a pas répondu. Je suis allé à Azay-sur-Cher. Ils ont des projets mais ça n’intéresse personne. Je suis allée à Montlouis. J’ai rencontré un vigneron. J’ai bu un verre. Il m’a dit : « Les festivals, ça nous aide bien. » J’ai rencontré un autre vigneron. J’ai rebu un verre. Il m’a dit : « Les festivals, ça nous aide pas. » J’étais déprimée. J’ai rebu un verre. Je suis rentrée. J’ai redemandé à ma prof si c’était bon. C’était toujours pas bon. Elle m’a dit : « Il me faut l’article pour demain. » J’ai paniqué. J’ai rappelé le maire de Gargilesse. Il m’a répondu. Il avait rien à dire. J’ai écrit un article quand même.

Bref, j’ai foiré mon enquête.

Léa Bouquerot et Laura Burrati

 

Entorse, rouille et quêtes chevaleresques

Commencer un blog et ne même pas l’alimenter régulièrement, c’est y pas scandaleux ça ma brave dame !

Quelques nouvelles de moi, donc

Je suis blessée. Je ne peux plus marcher. Entorse grave du genou, et ligaments croisés en mauvais état (on ne sait même pas vraiment dans quel état ils sont). Mauvaise chute de ski, descente en barquette depuis la noire la plus inaccessible de la station. Plutôt épuisant

* * *

Sinon, je suis aussi en reportage permanent depuis plusieurs semaines.

Chemin de rouille

Un travail autour des friches industrielles normandes, leurs anciens travailleurs, leurs familles. Quels souvenirs gardent-ils des mines, des usines, des cités ouvrières ?

Je vois votre sourcil levé, interrogateur. Parce que la Normandie ce n’est pas que des vaches, du camembert et du cidre, à l’ombre des pommiers ?! Je vous propose un petit jeu : marchez le nez par terre (attention quand même !). Vous ne devriez pas marcher beaucoup avant de trouver une plaque d’égout qui vient de Flers. Oui, la sidérurgie.

Plaque de fonte à l’IUT de Tours, rue du Pont-Volant. Le reportage photo, de gros déplacements ?

Ce n’était effectivement pas l’industrie la plus florissante des 20 dernières années. La Suisse Normande (on ne rit pas ! Je te vois toi là-bas imaginer les tyroliens… et je t’ai pas parlé des Alpes Mancelles), en plus des mines, a aussi fondé son industrie sur le textile et sur l’amiante.

Et pour relier tout ça : le chemin de fer. Rouge comme un système sanguin. Il s’est endormi en même temps que ces mines et usines.

C’est un reportage photo. Je prend ces ruines, en générale et en détail, leur rouille et leur abandon. Je rencontre les anciens travailleurs et/ou leur famille. On discute, je prend du thé, des petits gâteaux et des notes. Et ensuite, je les prends en photo sur le site, avec un souvenir. Une photo, un casque, un livre. Leur souvenir.

J’espère que ça va marcher.

* * *

Le 16 et 17 février dernier, je suis allée faire les premières photos.

Ici, je commencerai par vous dire que oui, les jeux vidéos et les jeux de rôle ont une utilité et même une grande importance dans la vie réelle [Et oui, il y a un rapport]. Dans ces jeux, ont apprends qu’une bonne quête ce commence TOUJOURS [toooouuujouuurs] dans une auberge (c’est à dire quand on est bien installé quelque part et qu’on peut prendre la température du terrain, se faire un réseau, donner des rendez-vous quelque part…). Et qu’elle se poursuit immanquablement à la bibliothèque, à la librairie, ou dans tout autre endroit où obtenir de la documentation papier, auprès de spécialistes. [Donc non ces jeux ne sont pas des usines à former les psychopates… et oui oui, vos enfants peuvent y jouer sans risques…]

Forte de ces enseignements inculqués par ma famille dès trois ans autour d’une table d’AD&D, je me suis donc rendue à la librairie, puis à l’office de tourisme.

Et pour remercier mes parents de m’avoir transmis l’art de la quête, je leur pique la voiture et je kidnappe ma mère pour un roadtrip repérage sur les sites miniers de Saint-Clair-de-Halouze [ça vend du rêve ça hein !]. J’étais bien contente qu’elle m’accompagne parce qu’en fait, ce n’est pas le site le plus gai de la Terre. Ce n’est pas un site figé dans le temps, où on imagine les mineurs qui travaillent dur, leur visage noir, et la lampe sur le front. En fait, malgré les efforts des associations, malgré l’impression de grandeur, de puissance, la nature reprend ses droits.

Nous avons exploré le Chevalement, les anciens fours de calcination, et ce qui reste de la gare de déchargement. Le tout sans nous perdre [c’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup].

Vous êtes ici (photo : A.Langlois)

C’est rouge, encore rouge, toujours rouge… Et puis c’est vide ! Une vraie solitude malsaine, dans le silence de la campagne en hiver. Comme dit ma mère :

« la campagne au début c’est bien, reposant, après c’est profond, et après, c’est chiant. »

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« C’est combien la densité de population à Paris ? ». Sur le champ en face du four de calcination, à Saint-Clair-de-Halouze.

Le lendemain : entretien avec un fils de travailleur de la mine, dont la mère travaillait dans une filature. Ça ne s’invente pas ! Une belle rencontre. Il avait invité un ami, qui fait partie d’une association de défense de ce patrimoine, parce que lui « il sait raconter ». J’ai vu les photos de la famille, les articles de journaux jaunis. J’ai essayé de comprendre le jargon de la mine, l’organisation. Puis séance photo.

Ensuite à nouveau repérage, à Caligny cette fois, pour une ancienne usine d’amiante. Pas moins défoncée, juste moins rouge. Une famille anglaise à acheté la maison en face, ils nous ont permis de monter chez eux pour faire des photos. Encore une rencontre innatendue.

Prochaine étape : 9 et 10 mars, sur une jambe.